Généraliser le repas à 1 € pour tous les étudiants, sans conditions de ressources, ça peut se comprendre, puisque 48 % d’entre eux ont déjà renoncé à se nourrir pour des raisons financières, dont 23 % plusieurs fois par mois, selon l’Etat des Lieux des conditions de vie 2025 de l’Union Etudiante. Seulement, « c’est un vrai défi pour notre structure de restauration », martèle Bénédicte Durand, la présidente du CNOUS, Centre national des œuvres universitaires et scolaires. En cause ? La possible saturation des établissements.
En 2024, avant la mise en place de la mesure, ces restaurants ont servi 47 millions de repas, soit une hausse de + 8,2 % en un an, de + 80 % sur 5 ans ! Donc à voir ce que cela donnera après la mesure.
Depuis le 4 mai, c’est surtout un tour de chauffe pour la rentrée, qui risque fort de générer l’ébullition. Pour y faire face, l’Etat a alloué une enveloppe supplémentaire de 50 M€, calculés sur la base d’une augmentation de la fréquentation de +10 % (certains syndicats estimaient le budget nécessaire plutôt aux alentours des 90 M€). Une partie de ce budget servira à compenser la baisse du tarif de 3,30 euros à un euro pour tous les non-boursiers, l’autre à financer des recrutements (204 ETP viendront s’ajouter aux 7500 agents actuels) et des équipements supplémentaires (5 M€ sur le matériel de restauration).
Mais quel impact cette réforme peut-elle avoir sur la qualité des repas ?
En effet, jusque-là, le réseau des CROUS s’était engagé dans une dynamique de qualité des achats à l’instar d’un partenariat noué en 2025 avec l’Agence Bio pour augmenter à 20 % la part de bio, et déployer l’éventail des produits concernés -aujourd’hui concentré sur les seuls thé, café yaourts et légumes surgelés-. Depuis l’annonce de la mesure, le CNOUS cherche à rassurer et rappeler son engagement en faveur de l’agriculture française… Il a signé au SIA 2026, Salon international de l’Agriculture, un accord avec Interbev, l’interprofession de la viande, pour privilégier l’approvisionnement en viande locale, et un autre avec l’INRAE pour renforcer la durabilité de l’offre dans les restos U, notamment sa végétalisation. Car cette qualité des repas, c’est l’un des trois principes centraux sur lesquels la présidente du CNOUS demande au gouvernement d’évaluer l’impact de la mesure, au même titre que la qualité de vie au travail des agents, et le suivi de la fréquentation des étudiants boursiers pour éviter tout risque d’éviction. Et annonce un premier bilan de l’opération pour l’été 2027…
34 M€ HT
volume d’achats de frais
des CROUS en 2024
41 M€ HT
volume d’achats surgelés
des CROUS en 2024
8 étudiants sur 10 satisfaits des restaurants CROUS
6,8/10, c’est la note attribuée par les étudiants aux restaurants Crous pour l’année 2025, soit une hausse de 0,6 point vs 2024. Ils sont 65 % à apprécier le choix proposé. Plus de 9 sur 10 applaudissent le professionnalisme, l’amabilité et la bienveillance du personnel. Ils aiment aussi l’ambiance, la décoration, le confort. Mais comme ils sont 75 % à disposer de moins d’une heure de pause méridienne, et 32 % à avoir moins de 45 mn, le temps d’attente reste le premier motif d’insatisfaction !
