Poulet, 2200 élevages supplémentaires pour accompagner la hausse de la consommation

Avec 2 objectifs en ligne de mire, accompagner la poussée de la consommation de poulet, et le faire avec davantage d’origine France, la filière avance. Et pose les conditions d’une plus grande autosuffisance d’ici à 2035.

Avec 2 objectifs en ligne de mire, accompagner la poussée de la consommation de poulet, et le faire avec davantage d’origine France, la filière avance. Et pose les conditions d’une plus grande autosuffisance d’ici à 2035.

Le poulet se sent pousser des ailes ! Il est de loin la volaille la plus consommée en France, avec une forte poussée : de + 3 à + 5 % par an depuis 5 ans, et une projection à  + 1,5 % sur les dix prochaines années… soit 30 kg/hab/an d’ici à 2035 contre 25,6 aujourd’hui. C’est bien pour la souveraineté alimentaire ? Pas tant que ça, parce que les volumes, on ne les a pas. La production a beau avoir crû de 1,7 % en 2025, l’auto-suffisance nationale en la matière n’est plus que de 67 % ! Plus d’un poulet sur 2 est importé, un phénomène qui s’est encore accentué en 2025 (+ 2 %), impulsé notamment par la RHD, pour les filets, dont les Français sont très friands, et l’industrie agro-alimentaire pour les préparations ! Pourtant, selon l’Anvol, son interprofession, 9 Français sur 10 préféreraient de la volaille origine France. Une origine qu’ils vont retrouver dans les cantines gérées par les SRC, précise le SNRC, syndicat de la restauration collective, qui s’appuie sur les chiffres d’achats de ses adhérents pour montrer que 99,19 % des poulets qu’ils servent sont français contre 0,52 % d’UE, et 0,29 % hors UE. Cela alors que la RHD, 37 % de la consommation et un appétit de poulets de plus en plus féroce (+10 points sur 5 ans, + 30 points sur 10 ans) est pointée du doigt comme LE débouché de la viande importée. 

La souveraineté du poulet est-elle possible ?

Pour limiter les importations, la solution semble toute trouvée : produire plus. Seulement, pour ajouter 180 000 tonnes de poulet aux 450 000 t actuelles, il faut tout bonnement « 2200 poulaillers de plus d’ici à 2035 », martèle Jean-Michel Schaeffer, président d’Anvol. Ça fait beaucoup. Déjà, pour les construire, il faut réussir à dépasser les levées de boucliers des habitants des zones concernées, ensuite il faut dégager l’investissement nécessaire : 2,8 Mds€ que vont se répartir les différents maillons de la filière, évidemment l’élevage (1,4 milliard d’€) mais aussi, la transformation (800 M€), les couvoirs (100 M€), la reproduction (157 L€), et la nutrition animale (367 M€). Et avec tout ça, on limitera les importations à 1 poulet sur 3, on ne les jugulera pas. 

La lutte sur le plan européen

Mais ce volume de volailles venues de l’étranger n’est pas la seule préoccupation de la filière, loin s’en faut. D’abord, elle doit encaisser la crise aviaire, et les 60 M€ de pertes occasionnées pour ses maillons entre 2025-2026, principalement en Vendée et dans les départements limitrophes. Ensuite, sur le plan européen, elle plaide d’une part pour une non-ratification du Mercosur, d’autre part pour une exclusion des viandes blanches de la directive IED sur les émissions industrielles. Tout cela alors qu’elle continue de s’améliorer sur le bien-être animal, l’environnement et les signes de qualité, le label rouge (13 % des poulets, en hausse de 5 % en 2025) et le bio (1 % des poulets consommés, en hausse de 6 %).

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