La pause déjeuner, ce rituel sacré des actifs français

Sandwich avalé entre deux mails ou vraie coupure à heure fixe, la pause déjeuner reste, en 2026, un moment auquel les Français ne veulent pas renoncer. C'est ce que révèle une vaste enquête Ifop réalisée pour Edenred, qui dresse le portrait détaillé des habitudes de table des actifs, de leur budget quotidien jusqu'à leur dessert préféré.
Des salariés dans le restaurant d'entr"eprise
@123RF-pixelnestmart

Une pratique quasi unanime, mais chronométrée

Neuf actifs sur dix (91 %) prennent une pause pour déjeuner au cours de leur journée de travail, et parmi eux, 79 % le font tous les jours. Sans surprise, les salariés (80 %) s’accordent plus souvent cette pause que les chefs d’entreprise et indépendants (71 %), souvent moins libres de leur emploi du temps.

Loin d’être perçue comme une perte de temps, la pause déjeuner est jugée indispensable par 88 % des actifs concernés. Elle démarre le plus souvent entre 12h et 13h , avec un pic à 12h/12h30 (58 %), et dure en moyenne 46 minutes. Sur la durée, si 56 % des actifs estiment y consacrer autant de temps qu’il y a quelques années, la tendance penche légèrement vers la réduction : 26 % disent y passer moins de temps qu’avant, contre 18 % qui en profitent davantage.

Un rituel collectif

Les deux tiers des actifs (65 %) ne déjeunent pas seuls : 51 % partagent leur repas avec des collègues, clients ou prestataires, et 14 % avec leurs proches. Les Franciliens se distinguent nettement : 63 % d’entre eux déjeunent avec leur entourage professionnel, contre 43 à 56 % en région.

La gamelle maison, grande gagnante

Contrairement à l’image d’une France qui déjeunerait au restaurant, 63 % des actifs mangent un repas préparé à la maison. Seuls 16 % optent pour un repas de restauration extérieure (restaurant, boulangerie, supermarché) et 14 % fréquentent la cantine d’entreprise. Manger assis dans un restaurant ou un bistrot ne concerne que 7 % des actifs.

La préparation maison est nettement plus répandue chez les femmes (71 %, contre 56 % chez les hommes), les travailleurs indépendants (75 %), les employés des petites entreprises (76 % dans les structures de moins de 20 salariés) et ceux qui ne disposent pas de titres-restaurants (66 %). À l’inverse, l’achat d’un repas en restauration progresse chez les hommes (21 %), les cadres (20 %), les salariés des PME de taille moyenne et les détenteurs de titres-restaurants (25 %). Seuls les Franciliens font figure d’exception nationale : ils sont les seuls à manger majoritairement un déjeuner préparé « à l’extérieur ».

Un budget de 8,3 euros en moyenne

Le budget quotidien moyen consacré au déjeuner s’élève à 8,3 euros (médiane à 6 euros), et près d’un actif sur deux (47 %) ne dépasse pas les 5 euros. Les Franciliens dépensent davantage : 9,8 euros en moyenne. Sans surprise, l’accès aux titres-restaurants tire les dépenses vers le haut (10 euros en moyenne, contre 7,5 euros sans ce dispositif), et ceux qui mangent assis au restaurant déboursent en moyenne 18,4 euros.

Plat, dessert… et peu d’entrée

Le menu-type du déjeuner français se compose presque toujours d’un plat (96 %), suivi de près par le dessert (71 %) - une place bien plus large que celle de l’entrée (21 %), du café (27 %) ou du fromage (17 %). L’alcool, lui, a quasiment disparu de la pause déjeuner (3 %) au profit des boissons non alcoolisées (39 %).

Le titre-restaurant, un totem du pouvoir d’achat

Seuls 31 % des actifs disposent de titres-restaurants. Pour ceux qui en bénéficient, le dispositif fait quasiment l’unanimité : 93 % le jugent important pour leur pouvoir d’achat, et 71 % estiment qu’il les aide à mieux manger à midi. Un actif sur deux (54 %) affirme même que les titres-restaurants l’incitent à ne pas sauter le déjeuner ou à aller plus souvent au restaurant.

Méthodologie : enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon de 2 500 actifs français de 18 ans et plus, représentatif selon la méthode des quotas (sexe, âge, CSP, secteur d’activité, statut professionnel, employeur), avec une lecture régionale sur les 12 régions métropolitaines. Terrain du 10 au 18 mars 2026.

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