Le bio repart à la hausse

Après des années de turbulences, le marché du bio renoue avec la croissance en valeur et en volume, selon l’Agence Bio. Porté prioritairement par le retail, quand la restauration reste à la traîne.
Fruits et légumes bio

Le bio reprend des couleurs. Avec des ventes estimées à 12,6 milliards d’euros (stade détail), il a progressé de 3,6 % en 2025 vs 2024, selon l’Agence Bio. Cette progression en valeur se retrouve aussi en volume, avec un + 2 %… à comparer au + 0,3 % du secteur alimentaire dans son ensemble. C’est dire l’engouement des consommateurs, qui continuent de lui consacrer 5,8 % de leurs achats en valeur…Avec une prédominance du retail, qui représente 90 % des ventes. 

Les circuits spécialisés et la vente directe comme moteurs

Cette reprise dans le retail s’opère à des rythmes très différents selon les circuits :

  • Les magasins bio spécialisés sont les grands gagnants de l’année. Ils représentent 30 % des volumes mais affichent une croissance record de +8,5 %, contribuant aux deux tiers de la croissance globale en valeur.
  • La vente directe  progresse de +3,8 % (14 % de part de marché). Désormais près d’une ferme bio sur 2 vend sa production en direct.
  • Les artisans et commerçants progressent de  +1,4 % (10 % du marché).
  • La grande distribution (GMS) ferme la marche avec une croissance timide de +1,2 %, mais conserve la plus grosse part du gâteau (46 % du marché).

Une RHD à deux vitesses

La restauration hors domicile ne pèse encore que 10 % du marché total du bio, soit 887 millions d’euros (stade gros). Contrainte par la loi Egalim, la restauration collective fait logiquement office de meilleure élève ; elle s’arroge 62 % du bio du secteur, soit 552 M€, en hausse de 6,9 % en 2025 (merci les fruits et légumes frais bio, qui explosent de 17 % !). Malgré cela, elle est loin d’atteindre les 20 % exigés par la loi Egalim… Elle serait plutôt aux alentours de  6 %, selon l’Agence Bio. A voir si la volonté actuelle affichée par le gouvernement de rendre la restauration d’Etat exemplaire va renforcer la dynamique. De son côté, la restauration commerciale avance à petits pas, avec une hausse de 1,2 % des ventes, estimées à 335 M€. 

Radiographie des produits : ce qui cartonne, ce qui stagne

Ce sont les fruits et légumes, l’épicerie et les boissons rafraîchissantes sans alcool qui ont généré près de 60 % de la croissance globale.

  • Le boom des fruits : Une année exceptionnelle dans tous les circuits, pour un résultat global à +7,8 % (contre +2,7 % l’année précédente)
  • La viande respire : Après des années difficiles, le secteur renoue avec la croissance. La filière poulet connaît un vrai sursaut, le porc et le mouton se maintiennent. Seul le bœuf reste dans le rouge en volume, victime d’une forte concurrence.
  • La crémerie est contrastée : Les produits laitiers frais repartent à la hausse quand le lait liquide recule et le fromage stagne. A noter le succès de la vente d’oeufs bio, en valeur (+9,5 %) comme en volume (+ 7,5 %)… qui tire la croissance de la famille bio dans son ensemble, à hauteur de 14 %.
  • La boul-pat va bien, avec des ventes à + 6,2 % en 2025

Souveraineté : moins d’importations, mais une production sous surveillance

Bonne nouvelle pour la souveraineté : 72 % du bio consommé en France est produit sur le territoire national. Et sur les 28 % de produits importés, près de la moitié concerne des denrées tropicales non substituables comme la banane, le café, le thé, le cacao ou les crevettes…banane, café, thé, cacao, crevettes)..

Le point de vigilance agricole : Pour la première fois, la France enregistre un solde négatif du nombre de fermes bio (-1,3 %). C’est certes mieux que la baisse globale des fermes françaises (-3,6 %), mais la surface agricole utile (SAU) en bio recule pour la 3e année consécutive (-1,1 %), s’établissant à 10 % du territoire agricole français. Petit signal positif : le nombre d’installations/conversions de nouvelles fermes est reparti à la hausse par rapport aux années précédentes.

Un nouveau dg, des missions et un budget validés

A noter que ces chiffres, l’Agence Bio les dévoile alors qu’elle est rassérénée sur son sort. Son budget et ses 3 missions -soutien financier aux filières, compilation/analyse des chiffres, information du grand public- ont été validés par son ministère de tutelle. Et un nouveau directeur général, Sylvain Reverchon, vient d’être nommé. Cet ingénieur agronome à la tête de l‘INAO depuis 2024, a déclaré lors de sa prise de fonction “La reprise de la consommation bio ne sera durable que si nous réussissons à transformer cet élan en un nouveau souffle pour nos producteurs, en sécurisant ceux qui sont engagés, en donnant confiance à ceux qui hésitent encore à se convertir ou à s’installer et en mobilisant l’ensemble des circuits pour donner au bio la place qu’il mérite. C’est ce défi collectif que je souhaite relever, aux côtés du président Bruno Martel et de l’équipe de l’Agence ».

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