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	<title>Les paroles du Rézooh &#8211; Rézooh</title>
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		<title>Dunkin’ France, du coffee-shop au beverage shop</title>
		<link>https://rezooh.net/dunkin-france-ambitions-jean-wilfrid-thibault/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 07:48:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
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					<description><![CDATA[Innover encore et toujours, développer la boisson, le réseau, équilibrer la consommation au fil de la journée, créer la récurrence et la fréquence… Les chantiers ne manquent pas pour le dg de Dunkin’ France, Jean Wilfrid Thibault.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="2800" class="elementor elementor-2800" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Il croit en l’innovation, l’agilité, l’écoute du client et ne veut s’imposer aucune limite. <strong>Jean-Wilfrid Thibault</strong> a rejoint QSRP en octobre 2024 pour lancer Dunkin’ en France quelques mois plus tard. L’évolution de l’<strong>industrie du coffee-shop</strong> depuis la fin des années 90, le directeur général de la marque l’a vécue de l&rsquo;intérieur&#8239;: d’abord pendant 15 ans aux Etats-Unis, dans l’univers du café, <em>«&#8239;un produit que j’affectionne beaucoup&#8239;»</em>, puis dix ans chez Starbucks… Avant un petit détour par Amrest, chez Pizza Hut. Son ambition est claire&#8239;: faire de cette master franchise une enseigne populaire, <em>«&#8239;connue pour innover&#8239;»</em>, un lieu de <em>«&#8239;destination pour la boisson, avec une gamme très large de boissons personnalisables, fun, avec du goût&#8239;»</em> et une <em>«&#8239;offre adaptée quel que soit le moment&#8239;»</em>.</p><h3>Le phénomène coffee-shop s’accélère. Comment vous inscrivez-vous dans ce courant&#8239;?</h3><p>Dunkin’ est effectivement positionné sur le coffee-shop, voire sur le beverage-shop, avec une offre boisson qui va bien au-delà du café. Nous avons toujours nos produits iconiques, les donuts, mais ils prennent de moins en moins de place. Nous également vendons des pains au chocolat, des croissants, des sandwichs frais, et des boissons autour du café, de la lemonade (citronnade), du thé vert ou de l’eau gazeuse.</p><h3>Quelle est la place des boissons désormais&#8239;?</h3><p>Quand nous avons commencé à ouvrir le marché, elles représentaient 35&#8239;% de notre mix. Aujourd’hui, c’est 50&#8239;%, avec au moins une boisson sur chaque ticket vendu. Nous avons 5 temps forts dans l’année, pendant lesquels nous en lançons en général 3 à 4… En mai, exceptionnellement, nous avons sorti une quinzaine de boissons glacées.</p><h3>C’est une manière d’attirer la Gen-Z&#8239;?</h3><p>Les jeunes sont les premiers à pousser la porte des coffee-shops. Ils y entrent moins par le café que par les boissons aromatisées, rafraîchissantes, énergisantes ou fonctionnelles. La catégorie des boissons glacées est celle qui a la plus forte croissance, et c&rsquo;est pour ça que nous innovons énormément dessus et continuerons à le faire. Elles représentent 80&#8239;% des nos ventes boissons&#8239;; en janvier, nous étions déjà à plus de 50&#8239;%. La saisonnalité existera toujours, parce qu’à 38°, on n’a pas forcément envie de boire un chocolat chaud, mais celle-ci est en train de s&rsquo;estomper…</p><p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-2812" src="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-MANGO-PINEAPPLE-PROTEIN-REFRESHER-300x300.png" alt="Le refresher mangue ananas de Dunkin'" width="300" height="300" srcset="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-MANGO-PINEAPPLE-PROTEIN-REFRESHER-300x300.png 300w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-MANGO-PINEAPPLE-PROTEIN-REFRESHER-150x150.png 150w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-MANGO-PINEAPPLE-PROTEIN-REFRESHER-100x100.png 100w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-MANGO-PINEAPPLE-PROTEIN-REFRESHER.png 400w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p><h3>Quel type de boissons glacées proposez-vous&#8239;?</h3><p>Principalement des boissons aromatisées glacées rafraîchissantes, et surtout, personnalisables&#8239;: vous pouvez choisir votre base, lemonade, thé vert, eau pétillante. Dans notre métier, la personnalisation est extrêmement importante. Nous avons également une tireuse à café pour faire du cold brew, du nitro (du cold brew gazéifié), notre citronnade, notre thé aussi. Nous n’avons pas beaucoup investi sur le cold brew, mais nous allons le faire, notamment avec une nouveauté en septembre, parce que c’est une bonne base d&rsquo;innovation&#8239;: on peut l&rsquo;aromatiser, l&rsquo;accompagner avec d&rsquo;autres saveurs, d&rsquo;autres boissons…</p><h3>Le matcha et l’ube sont-ils des indispensables aujourd&rsquo;hui&#8239;?</h3><p>En avril, nous avons sorti trois matcha aromatisés, fraise, mangue et passion, au taux de prise exceptionnel. Nous proposons aussi du spanish latte, mais pas de ube. Je ne sais pas si cette trend va s&rsquo;installer. Je crois que le taux de prise n&rsquo;est pas excellent chez nos concurrents… C’est un équilibre à trouver&#8239;: toutes les innovations ne sont pas là pour faire exploser les ventes, mais aussi pour montrer qu&rsquo;on innove.</p><h3>Et le café, que représente-t-il aujourd&rsquo;hui&#8239;?</h3><p>15&#8239;% de notre mix boisson je pense. Dans les 20&#8239;% de ventes de boissons chaudes, beaucoup sont à base de café. Et le café latte figure dans notre top 5, avec la starlight lemonade, une autre boisson rafraîchissante à base de limonade, et les deux refreshers mangue/passion et dragon fruit. Dans le top 10 figurent aussi les frappés, base caramel ou vanille.</p><h3>Vanille, caramel, noisette, c’est le trio gagnant&#8239;?</h3><p>Oui, c&rsquo;est ce qui marche bien quand on aromatise, surtout dans les cafés. On va aussi vers des arômes différents, passion, mûre, lemonade rose, des saveurs un peu exotiques qui plaisent. Il y a aussi l&rsquo;effet instagrammable, c&rsquo;est important chez les jeunes. Tout ce qui est très coloré se vend bien. Je vous parlais de la starlight lemonade, elle est bleu électrique&#8239;! Ce côté instagrammable, on le voit aussi avec nos donuts, une belle plateforme d&rsquo;innovation sur laquelle nous arrivons à faire des choses assez rigolotes. Cet été, on a un donut smiley avec des lunettes de soleil&#8239;; on a des donuts pina colada, mojito, spritz et on a associé le mocktail avec… C’est intéressant parce que les jeunes boivent de moins en moins d&rsquo;alcool et que le duo donut-boisson fonctionne bien.</p><p><img alt="" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-2813" src="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-STARLIGHT-LEMONADE-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-STARLIGHT-LEMONADE-300x300.png 300w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-STARLIGHT-LEMONADE-150x150.png 150w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-STARLIGHT-LEMONADE-100x100.png 100w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/07/400X400-STARLIGHT-LEMONADE.png 400w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p><h3>Certains parlent de “desserts à boire”, est-ce un axe d’innovation&#8239;?</h3><p>C&rsquo;est quelque chose sur lequel on travaille. Nous allons d’ailleurs sortir une boisson en septembre. Je ne vais pas vous donner la recette là, mais effectivement, nous faisons des donuts, nous faisons des boissons, ça pourrait être un petit mix. Le dessert peut être travaillé aussi dans le goût, avec par exemple une aromatisation tiramisu.</p><h3>Quid de votre positionnement prix&#8239;?</h3><p>Le panier moyen est autour de 8 €&#8239;; au début il était beaucoup plus élevé parce que tiré par les donuts (vendus par boîtes de plusieurs unités). Nous devons continuer avec une proposition de valeur super intéressante, équilibrée, un bon rapport qualité-prix-quantité&#8239;: 9,50 € par exemple, le menu sandwich frais-dessert- boisson taille medium.</p><h3>Avez-vous un programme de fidélité&#8239;?</h3><p>Le programme de fid de QSRP vous permet de gagner des points, des cadeaux, il y a de la gamification. Désormais, nous avons 30000 clients dans notre base. C’est une formidable ressource pour analyser et comprendre nos clients… Nous allons bâtir d’ici à 2027 un CRM ciblé sur leurs goûts.</p><h3>On dit le modèle économique du coffee-shop difficile&#8239;?</h3><p>Avec une cible de chiffre d’affaires de 700 &#8211; 800 k€ par point de vente, notre modèle économique est plus tendu que celui d’un McDo ou d’un autre établissement de restauration rapide. Nous sommes aussi sur de la récurrence. Ça veut dire qu&rsquo;il faut que nos emplacements soient là où il y a du passage, et du passage qualifié qui corresponde à notre clientèle.</p><p>Ensuite il faut créer de la fréquence. Le donut reste un très bon produit d’appel mais il ne la crée pas. Il faut donc venir avec des boissons et des produits nouveaux, pour pouvoir vivre de 7h30 à 20h30. C&rsquo;est pour ça qu&rsquo;on élargit notre gamme avec des sandwiches frais faits sur place. Ce sont des choses sur lesquelles nous allons accélérer en 2027.</p><h3>Quelle est d’ailleurs la ventilation du chiffre d’affaires par moments de consommation&#8239;?</h3><p>En centre-ville, le matin jusqu’à 11h représente entre 18 et 20&#8239;%, le midi, autour de 20&#8239;%, l’après-midi est très fort, avec 40-45&#8239;% jusqu’à 18h, et une dernière tranche jusqu’à la fermeture, avec près de 20&#8239;%. En centre commercial, c’est un peu décalé, car on ouvre à 10h, qu’on n’a pas ce flux du matin lié au départ au travail. L’enjeu pour nous, c’est d’équilibrer tous les moments, donc de renforcer le matin, le midi, de développer encore l’après-midi et pourquoi pas d&rsquo;envisager un happy hour en décalant l’heure de fermeture. Les consommateurs viendraient manger un petit snack et boire une boisson non alcoolisée… Par ailleurs, nous avons de très bons résultats en livraison -le donut s’y prête bien- et nous avons de la demande pour de la livraison jusqu’à 22h. Nous allons tester dans 1 ou 2 points de vente, et, si ça a de l’intérêt, rester peut-être ouverts le soir uniquement en livraison.</p><h3>C’est de l’adaptation permanente&#8239;?</h3><p>Il faut savoir être agile, bon sur la top line et la rentabilité, innover sans complexifier les process ni fragiliser la supply chain. Nous ne voulons nous mettre aucune limite, ni sur les formats, ni sur la R&amp;D, ni sur l’offre. On a la chance d’être le master franchisé d’un groupe qui nous laisse beaucoup de latitude.</p><h3>Quel développement prévoyez-vous&#8239;?</h3><p>Nous avons 11 shops, 7 en propre, 3 en franchise et 1 en travel retail avec SSP. Nous allons ouvrir cette année une vingtaine d’établissements, 2 en succursale, le reste en franchise, ce qui fera une trentaine à la fin de l’année, et nous allons nous exporter en province. Cette année, nous ferons 70&#8239;% de notre développement dans les centres commerciaux, pas dans leur food court, mais sur le parcours shopping client&#8239;: on est une pause gourmande. Nous allons continuer à nous implanter en centre-ville aussi, mais il faut trouver l&rsquo;endroit malin où être visible sans être sur l&rsquo;artère principale parce que les loyers y sont exorbitants. Quand votre chiffre d’affaires s’élève à 700 000 euros, vous ne pouvez pas vous autoriser un loyer à 120 000 €. C&rsquo;est compliqué parce qu’il nous faut de l’espace -100 à 120 m2- pour offrir une expérience coffee-shop, même si nous avons aussi un kiosque de 40 m2-.</p><h3>Comment voyez-vous Dunkin à 3 ou 5 ans&#8239;?</h3><p>Je veux en faire une marque populaire au bon sens du terme, un endroit dans lequel on se sent bien et où l’on trouve l’offre adaptée quel que soit le moment. Nous pouvons aller à plus de 300 unités à terme. Nous avons beaucoup de potentiel en travel retail, dans les aéroports ou les gares, nous pourrions peut-être ouvrir des formats différents, des foodtrucks, des containers, des établissement dédiés uniquement à la boisson….</p><p><em>Propos recueillis en juillet 2026</em></p>								</div>
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		<item>
		<title>Logis Hôtels&#8239;: Comment piloter la transition environnementale et sociale de plus de 2000 établissements&#8239;?</title>
		<link>https://rezooh.net/interview-alice-coquema-transition-rse-logis-hotels/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 07:17:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour opérer la transition d’un réseau comme celui de Logis Hôtels, plus de 2000 hôtels et 1700 restaurants, il faut évidemment créer des outils, mais pas que. Il faut aussi sensibiliser, convaincre, montrer les bénéfices dans la vraie vie, comprendre les contraintes des adhérents et être épaulée par la direction générale du groupe… C’est la conviction d’Alice Coquema, cheffe de projet RSE depuis bientôt 2 ans.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="2790" class="elementor elementor-2790" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Son Bachelor à l’Institut Paul Bocuse (<strong>Lyfe</strong>) en poche, Alice Coquema choisit de se spécialiser avec un master. Son objectif&#8239;? Accompagner les entreprises du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration dans leur <strong>transition environnementale et sociale</strong>… Ce qu’elle fait d’abord au Pullman Montparnasse puis, depuis 2024, comme <strong>cheffe de projet RSE dans le Groupe Logis Hôtels</strong>, “1 hôtel tous les 12 kms en France”. Elle y décline l’<strong>indicateur interne RSE</strong> Act-Eco à la restauration, accompagne la <strong>labellisation Lucie</strong>, crée de la <strong>documentation</strong>, sur la Gastronomie Durable, les économies d’eau ou d’énergie, les subventions… Et <strong>sensibilise les membres du réseau</strong>. En 2025, quand le groupe acquiert auprès de Majorian <strong>Teritoria</strong> avec ses 300 établissements premium, et <strong>Peace&amp;Work</strong>, son label ès-QVCT (de son côté Sodexo reprend à Majorian le calculateur d’<strong>empreinte carbone Clorofil</strong>&#8239;et la <strong>centrale d’achat Cadhi</strong> avec lequel le groupe Logis Hotels est engagé pour 3 ans, ndlr) elle ajoute de nouvelles cordes à son arc&#8239;: le pilotage des <strong>bilans carbone et RH</strong>, le suivi des actions de l’<strong>entreprise à mission</strong>.</p><h3>Une partie de votre mission consiste à gérer Act-Eco, pouvez-vous nous en parler&#8239;?</h3><p>C’est un indicateur interne sur la RSE à destination des hôteliers&#8239; du Groupe Logis Hôtels. Un premier volet avait été dressé par mon prédécesseur pour la partie hébergement. J’ai développé le deuxième volet dédié à la partie restauration, toujours sur le même principe, un questionnaire d&rsquo;une soixantaine d’items sur tout ce qui concerne la RSE, depuis les approvisionnements ou l&rsquo;élaboration d&rsquo;une carte responsable en passant par les économies d&rsquo;énergie, les déchets, la partie sociale. C’est un vecteur de communication&#8239;: les hôteliers obtiennent une note sur 10, que nous mettons en avant sur notre site. C&rsquo;est un comparatif pour tous les établissements de notre réseau. Un an et demi après le lancement, 70 à 80&#8239;% des hôtels l’ont rempli, c&rsquo;est pas mal.</p><h3>Qu’est-ce que qu’il s’en dégage&#8239;?</h3><p>Les hôteliers ont du mal à identifier ce qu&rsquo;est un produit, une pêche ou une viande responsables, à faire le tri entre les labels. Leur connaissance de la végétalisation des menus, de l&rsquo;offre végétarienne est encore faible. Ils sont très avancés sur le tri des déchets. Moins sur les pratiques sociales&#8239;: ils passent un peu à côté des enjeux de bien-être des collaborateurs, de conditions de travail en cuisine, de climatisation, d’ergonomie des postes, d’aménagement des horaires… A nous de leur faire prendre conscience de l’importance de ces paramètres.</p><h3>Il me semble que le Groupe Logis Hôtels compte 1900 hôtels et 1400 restaurants&#8239;?</h3><p>Effectivement, mais il y a une petite nouveauté&#8239;! En octobre dernier, nous avons racheté à Majorian Teritoria, 300 hôtels-restaurant premium. C’est une entreprise à mission&#8239;; ça signifie qu’elle définit dans ses statuts des objectifs et les actions liées. Nous devons animer ces actions, les déployer, les suivre… C’est très intéressant, et ça nous permet de tirer l&rsquo;ensemble du groupe vers ces enjeux. Nous venons d&rsquo;être audités par un organisme tiers, nous conservons ce statut d’entreprise à mission… Mais nous allons remanier certains objectifs, trop portés sur la communication&#8239;: nous voulons prendre des engagements plus corrélés avec ce que nous faisons dans le groupe, comme le bilan carbone et le diagnostic RH. Nous allons voir comment choisir des actions plus impactantes et définir des remontées de la data.</p><h3>Vous parlez de bilan carbone&#8239;?</h3><p>Teritoria s’est engagé à faire faire un bilan carbone à tous ses hôteliers avec la plateforme Clorofil (autre propriété de Majorian, passée en 2025 dans les mains de Sodexo, ndlr). C’est une super démarche, un bilan carbone très précis qui prend en compte tout le scope 3, avec un degré de détail incomparable. Certains hôtels rechignent, car c’est une démarche longue et lourde. Ils voient la charge de travail, pas le bénéfice derrière. Ni les réductions de coût d’exploitation qu’ils peuvent en tirer. Et ils ne savent pas franchement comment valoriser ce bilan carbone auprès de leurs clients. C’est vrai que la clientèle loisir est plus sensible au rapport qualité-prix, mais pour la clientèle business, ce critère joue énormément. En tout cas, nous incitons vraiment les hôteliers à le faire, d’autant que le coût de Clorofil est compris dans leur cotisation. Mais nous ne voulons pas non plus que ce soit un vecteur de mécontentement du réseau, de problème d&rsquo;adhésion à la marque en général.</p><h3>Pour ceux qui l’ont réalisé, qu&rsquo;est-ce qui ressort ?&#8239;</h3><p>40&#8239;% des hôtels du réseau Teritoria ont réalisé ce bilan carbone, mais nous n’avons pas encore analysé les données. Et à la différence des établissements du Groupe Logis Hôtels, ils passent encore par leur centrale d’achat Cadhi. Ce qui ne nous permet pas d’avoir un retour fin sur les descriptions de produit…</p><h3>Pourriez-vous faire faire ce bilan aux établissements du Groupe Logis Hôtels&#8239;?</h3><p>A partir de la rentrée, nous allons travailler avec Clorofil pour voir si nous pouvons élaborer une version qui permettrait d’alléger le travail et la facture… Et donc de mettre en œuvre ce bilan dans le Groupe Logis Hôtels aussi.</p><h3>Il y a aussi un diagnostic RH chez Teritoria&#8239;?</h3><p>Le groupe s’est engagé dans un diagnostic des pratiques sociales avec son label interne Peace&amp;Work que nous avons racheté en même temps que le groupe. Pour ce label, le premier dédié à la QVT dans l’hôtellerie-restauration, ce sont les collaborateurs qui notent l’hôtel-restaurant. A partir des résultats, l’établissement obtient un rapport, des recommandations, un plan d’action et un statut Bronze, Silver ou Gold… Facile d’accès -il s’est très bien déployé chez &#8239;Teritoria-, nous souhaitons le dupliquer dans le Groupe Logis Hôtels -25 établissements l’ont déjà fait-, mais aussi à l&rsquo;externe.</p><h3>En fait, une partie de votre travail consiste à faire de l’évangélisation&#8239;?</h3><p>Exactement. Comme notre réseau est énorme, ce qui est hyper intéressant, c’est que nous avons trois catégories d’hôteliers&#8239;: une cinquantaine de prescripteurs très engagés, des meneurs capables d’évangéliser les autres établissements de leur région et sur lesquels nous comptons beaucoup&#8239;; des réfractaires, bruyants, opposés aux actions en matière de RSE qu’ils voient comme des contraintes, et que nous devons convaincre. 90&#8239;% des hôteliers se laissent porter, se conforment à la réglementation sans trop renâcler et s’engagent s’ils voient que quelque chose se passe bien.</p><h3>En 2026, certains estiment que l’enjeu RSE recule. Ressentez-vous ce désengagement&#8239;?</h3><p>Dans le réseau, non, d’autant que nous continuons à alimenter le sujet avec des ressources, des outils, des communications. La locomotive est toujours là, donc les adhérents suivent. Nous commençons à avoir pas mal de retours d&rsquo;expérience, c&rsquo;est là-dessus que nous nous appuyons&#8239;: les bénéfices que tire tel hôtelier de son composteur, de son récupérateur d’eau de pluie ou de ses panneaux solaires donnent envie aux autres d’accompagner le mouvement. La réglementation nous aide aussi.</p><h3>Quels sont vos autres grands chantiers&#8239;?</h3><p>Celui sur la centrale d&rsquo;achat, que nous menons avec nos fournisseurs référencés et nos distributeurs (Transgourmet et Pomona)&#8239;; nous devons agir sur nos mercuriales pour qu&rsquo;elles puissent répondre aux besoins et qu&rsquo;elles soient alignées avec nos engagements, avec suffisamment de produits durables, responsables, de saison. Nous n’avons plus d’œufs de catégorie 3, on en a encore parfois de catégorie 2, parce qu’en termes d’approvisionnement, c’est compliqué. Nous avons réduit le grammage des pièces de viande à 150 grammes. Nous essayons de référencer au maximum des fournisseurs avec des produits ou des services éco-conçus et d’être source d&rsquo;innovation. Par exemple, nos hôteliers se plaignaient de crouler sous les cartons de livraison. Nous avons donc accompagné le projet pilote de bac consigné de Transgourmet avec Pandobac. Logistiquement, c&rsquo;était plus compliqué que ce qu&rsquo;ils avaient imaginé. Ce test à Carquefou ne concernait finalement que 150 hôteliers, et encore, sur des catégories très restreintes comme le poisson frais mais pas les coquillages…</p><p>Les achats, c’est un gros chantier, qui va demander encore beaucoup de temps car il y a une latence importante entre ce qui est décidé et ce qui est implémenté…</p><p><em>Propos recueillis en juillet 2026</em></p><p><strong>&#8239;</strong></p><p><strong>&#8239;</strong></p>								</div>
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				</div>
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		<title>Gaston à la Campagne, le pari fou -et réussi- de la livraison dans les zones rurales</title>
		<link>https://rezooh.net/je-pensais-etre-un-restaurateur-qui-fait-de-la-livraison-je-suis-un-logisticien-qui-fait-de-la-food/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 12:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
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					<description><![CDATA[Fondé en 2021, Gaston à la Campagne livre les repas là où les autres ne vont pas, dans les zones rurales du 78. Après des premières années passées à adapter, peaufiner et sécuriser le modèle, vient le temps de l’accélération, comme nous l’explique son fondateur, Thomas Barenfeld...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="2632" class="elementor elementor-2632" data-elementor-post-type="post">
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									<p>La livraison, Thomas Barenfeld connaît bien, pour l’avoir expérimentée, notamment chez Côté Sushi. L’opérationnel, il l&rsquo;a mis en œuvre chez Buffalo ou à la tête de La Piadina. Le marketing, l’offre, la R&amp;D, il sait ce que c’est, puisqu’il l&rsquo;a pris en charge chez class’croute. Bref, il n’a rien d’un novice en restauration. Et pourtant, Gaston à la Campagne, qu’il a financé sur fonds propres, a été <em>«&#8239;l’expérience la plus dure de ma vie&#8239;»</em>.&#8239; Ce service de livraison de repas minute qui combine toutes ses passions <em>«&#8239;la mécanique, la voiture, la cuisine&#8239;»</em>, a pris du temps pour trouver son modèle économique… C’est chose faite, raconte celui qui se dit <em>«&#8239;meilleur manager que photographe&#8239;»</em>, le métier auquel il se destinait pourtant. Toujours en veille sur les signaux faibles de la consommation, pour adapter le plus finement son offre, il continue en parallèle de conseiller des enseignes sur l’innovation ou la gouvernance des réseaux… Pendant que la cofondatrice Salomé Cousin, son élève quand il enseignait à l’ISG, gère les RH et l’opérationnel…</p><h3>Quel est selon vous l’enjeu de la restauration livrée&#8239;?</h3><p>L’éthique. Le client doit être respecté en ne surpayant pas. Le restaurateur doit gagner sa vie correctement pour sa production. Le livreur ne doit pas être exploité&#8239;: sa rémunération a-t-elle augmenté le 1<sup>er</sup> juin 2026 lors de la revalorisation du SMIC&#8239;? On ne crée pas de chaîne de valeur vertueuse quand une multinationale décide de prendre la plus grosse part au détriment des autres parties.</p><h3>Et quel est l’enjeu de Gaston à la Campagne&#8239;?</h3><p>Industrialiser notre capacité à scaler. En testant notre capacité à prendre des marchés, des plus ruraux jusqu’au péri-urbains et en s’assurant de la robustesse de notre système en cuisine, car si la performance économique vient de notre offre large, c’est aussi une limite opérationnelle.</p><p>&#8239;<img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-2659" src="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--300x300.jpeg" alt="Burger de Gaston à la Campagne, le service de livraison de repas fait sur place livré en zones rurales" width="300" height="300" srcset="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--300x300.jpeg 300w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--150x150.jpeg 150w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--768x768.jpeg 768w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--600x600.jpeg 600w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre--100x100.jpeg 100w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/le-volfoni-dautomne-carre-.jpeg 960w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /> &#8239;</p><h3>Comment vous est venue l’idée du concept&#8239; &#8239;?</h3><p>En 2021, je dirigeais la Piadina pour French Food Capital. J’ai décidé de mettre le service Uber Eats hors ligne car le chiffre d’affaires commissionné n’allait pas avec le compte de résultat, surtout dans les 12 établissements en centre commercial sur 13, avec leurs loyers élevés&#8239;! Mais comme c’était la Covid, on nous a annoncé que nous n’avions plus que la livraison comme canal… Je me retrouve chez moi, dans mon village de 600 habitants dans les Yvelines, et je décide de créer un service de livraison dédié aux zones rurales. Je voulais d’ailleurs l’appeler Hubert à la Campagne, deux avocats m’en ont dissuadé&#8239;!</p><h3>Comment organisez-vous la livraison dans cette partie du 78&#8239;?</h3><p>Nos livreurs sont salariés et livrent en voiture… Je me souviens, quand j’étais chez Côté Sushi, des livreurs en scooter, qui cherchaient à se réchauffer les jours de pluie ou d’hiver, et le turnover qui allait avec… C’est pour cette raison, et pour leur sécurité, que je voulais qu’ils livrent en voiture, mais alors comment gagner de l’argent&#8239;? J’ai fait les calculs, j’achète des voitures entre 5000 et 6000 euros, je les amortis sur 4 ans. Chaque livraison me coûte ainsi entre 5 et 7 €, en fonction du nombre de livraisons par aller-retour, soit entre 1,7 et 1,9.</p><h3>Le conflit au Moyen-Orient n’a-t-il pas grevé les coûts de livraison&#8239;?</h3><p>Il impacte très peu. Nous faisons 1100 livraisons par mois environ&#8239;: le poste essence a pris maximum 200 €. Les 4 points supplémentaires sur le coût employeur du SMIC en juin sont beaucoup plus lourds.</p><h3>Justement, comment se ventilent vos coûts&#8239;? Quel est votre modèle économique&#8239;?</h3><p>Avec entre 12 et 14 salariés, le staff cost s’élève à 32-33&#8239;% livraison incluse, le food cost est aux alentours de 28&#8239;%, là aussi en intégrant le prix de la livraison, c’est plutôt généreux.</p><p>Pour maîtriser mon modèle, nous devons viser un ticket moyen élevé. Il est désormais de 48 € (dont 3,5 € de coût de livraison), et nous imposons un minimum de commande en fonction de la zone. Nous sommes un vrai brick and mortar, avec une cuisine de 220 m2, des employés en CDI. Le chiffre d’affaires, réalisé à 100&#8239;% en ligne, devrait s’élever cette année à 700 000 €, pour un loyer de 12000 €. Je suis très low en capex, car je ne peux pas avoir des charges opérationnelles et des capex. Si la première année, mon EBE était négatif, à -20&#8239;%, il est aujourd’hui entre 17 et 18 %&#8239;; avec 3 points d’amortissement, c’est bien.</p><h3>Les premières années ont été compliquées, pourquoi&#8239;?</h3><p>Des soucis de ratios, de taux d’effort, un ticket moyen pas assez élevé, la guerre en Ukraine&#8230; Mais il fallait aussi comprendre notre modèle opérationnel, et voir comment optimiser la prise des commandes et leur délivrance. C&rsquo;est la partie la plus dure. Je pensais que nous étions un restaurateur qui faisait de la livraison, c’est l’inverse. Nous sommes d’abord des logisticiens, même si nous faisons beaucoup de création food.</p><h3>Faites-vous appel à l’IA pour optimiser la logistique&#8239;?</h3><p>Non, à l’humain&#8239;; j’ai un poste extrêmement important, le dispatch fabrication / livraison. Il faut faire très attention à l’IA. Regardez ce qu’il vient de se passer aux Etats-Unis, avec ce franchisé Pizza Hut qui a attaqué la maison-mère (il accuse le système d’IA mis en place par la tête de réseau d’avoir désorganisé les opérations, ralenti les livraisons, généré de l&rsquo;insatisfaction et donc de lui avoir coûté 100 M$, ndlr). Quand le livreur est à 10 mn, nous lançons la cuisson. Plus je fabrique la commande au plus près de son départ, meilleures sont la qualité et la satisfaction client. Je les détériore si je me mets à vouloir optimiser la livraison à tout prix.</p><h3>Quelle est votre offre food&#8239;?</h3><p>A l’ouverture, j’ai fait du burger, du poke et de la street food asiatique -pas de sushi, trop technique et gourmand en masse salariale. En fait, je voulais combiner l&rsquo;offre d&rsquo;un Big Fernand, d&rsquo;un Pokawa et d&rsquo;un Pitaya… Aucun de ces 3 acteurs n’allait s’implanter dans ma zone rurale, ce qui me laissait le temps de créer un pouvoir d’attractivité suffisant pour atteindre mon seuil de rentabilité. Le taux de prise était alors à 70-75&#8239;% drivé par le burger&#8239;: les clients commandaient chez moi pour le côté fonctionnel, je voulais qu’ils le fassent pour le plaisir. Nous avons donc sorti de nouvelles marques&#8239;: nous en avons 7, dont depuis l’année dernière du crousty poulet, vendu entre 15 et 16 €, mais décliné en 6 recettes avec les sauces Gaston à l’identité culinaire marquée, avec des toppings&#8230; Je vais éliminer une marque, la Waffle hot chicken, peut-être trop en avance, et en ajouter une, hyperprotéinée, d’ici à la fin de l’été. Nous sortons également une collection capsule toutes les 8 semaines. Tout cela avec une vraie maîtrise de notre mercuriale grâce à la transversalité des ingrédients entre les marques&#8239;; la mercuriale compte 210 produits, hygiène comprise, pour 50 plats à la carte.&#8239;Le burger reste une locomotive, mais il ne représente plus que 55&#8239;% des ventes.</p><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-2657" src="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-300x300.jpeg" alt="Poke bowl signé Gaston à la Campagne" width="300" height="300" srcset="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-300x300.jpeg 300w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-150x150.jpeg 150w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-768x768.jpeg 768w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-600x600.jpeg 600w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058-100x100.jpeg 100w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5058.jpeg 960w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p><h3>Quelle place pour les desserts et les boissons&#8239;?</h3><p>Côté sucré, même si nous avons une gamme assez importante avec une dizaine de références, dont une gaufre Nutella-banane au taux de prise très important, je pense que nos clients prennent peu de dessert en livraison. Nous travaillons surtout la boisson faite maison&#8239;: nous proposons du thé glacé et une citronnade en bouteille 25 cl, mais je viens d&rsquo;acheter une machine pour sceller les canettes, ça va me permettre d’ouvrir le champ des possibles, avec du matcha latte et d&rsquo;autres boissons plus fonctionnelles… Car cet investissement de 1000 €, j&rsquo;espère bien le rentabiliser&#8239;! Il devrait permettre d’augmenter sensiblement le ticket moyen et la marge, car si son foodcost est comparable à celui d’une boisson industrielle, la boisson faite maison est vendue nettement plus cher. Ce dont je suis certain, c’est que ça va renforcer la préférence de marque et les occasions de commander chez nous. Je pense que la boisson fonctionnelle peut déclencher du trafic, de l’ordre de 1 à 2&#8239;%, tout comme la boisson plaisir.</p><h3>Quid de votre approvisionnement&#8239;?</h3><p>Nous sommes sur 15 à 20&#8239;% d&rsquo;approvisionnement local, à l&rsquo;instar des pâtes Mamie Odette, produites par ma femme et sa sœur dans la ferme familiale&#8239;; la viande limousine vient en direct de Beauvallet etc.</p><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-2658" src="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-300x300.jpeg" alt="Salade de chez Gaston à la Campagne" width="300" height="300" srcset="https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-300x300.jpeg 300w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-150x150.jpeg 150w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-768x768.jpeg 768w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-600x600.jpeg 600w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre-100x100.jpeg 100w, https://rezooh.net/wp-content/uploads/2026/06/la-douce-salade-carre.jpeg 960w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p><h3>Vos collaborateurs sont multitâches&#8239;?</h3><p>Au début, j&rsquo;avais une équipe dédiée à la livraison,&#8239;une autre en cuisine. Quand les livraisons étaient finies, les premiers regardaient les seconds faire la remballe. Moi j’ai un compteur dans la tête&#8239;: ça me coûtait 16 à 17 € de l’heure par salarié, soit 60 € par heure pour rien… Et les chiffres grimpent très vite. Donc aujourd&rsquo;hui,&#8239;la charge est lissée&#8239;: &#8239; tout le monde travaille sur tout. C’est la porte ouverte vers la progression des salariés. Robin, par exemple, est entré comme livreur à temps partiel pendant ses études, il va devenir manager d’ici à la fin de l’année.</p><h3>Vous parlez de lisser la charge de travail dans la journée, qu’en est-il de la semaine&#8239;?</h3><p>Nous sommes ouverts 7 jours sur 7 midi et soir mais fermé le samedi et dimanche midi, c&rsquo;est plus simple. Nous fonctionnons très fort le soir, mais nous allons de plus en plus vers le BtoB midi semaine… Même si notre zone d’activité compte peu d&rsquo;entreprises, nous réalisons 25&#8239;% de notre chiffre d’affaires avec les plateaux-repas.</p><h3>Cinq ans après, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru&#8239;?</h3><p>Je n’étais pas un débutant et pourtant, ça a été l’expérience la plus dure de ma vie. Pendant plus de 3 ans, j’ai mené de front 2 jobs (Gaston et la Piadina puis class’croute ndlr). Et je ne me suis pas assez concentré sur l&rsquo;opérationnel&#8239;; je n’ai pas fait assez de training en conditions réelles, d’où un churn beaucoup trop important au début&#8239;; aujourd’hui, il est très faible. Et nous avons travaillé notre communication, notre CRM, l’envoi de SMS… Nous avons un customer item value à 450 €, c’est à dire que n’importe quel client que je recrute consomme au moins ça chez nous.&#8239;!</p><h3>Votre système de livraison fonctionne autour de Méré, dans le 78. Comment envisagez-vous la suite&#8239;?</h3><p>Notre zone de livraison couvre 45000 habitants&#8239;; nous avons 7200 clients en base, mais ce sont des familles, ça veut dire qu&rsquo;on approche à peu près les 40&#8239;% de clients dans la zone de chalandise. Nous n’agrandirons pas cette zone&#8239;; si nous voulons élargir la zone livrée, nous devrons ouvrir d’autres cuisines en succursale, avant de nous lancer en franchise.</p><p><em>Propos recueillis en juin 2026</em></p>								</div>
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		<title>Refectory internalise les opérations pour renforcer la robustesse du modèle</title>
		<link>https://rezooh.net/refectory-robuste-par-internalisation-des-operations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 05:33:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
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					<description><![CDATA[En phase avec ses valeurs et ses engagements, Refectory cherche à asseoir sa robustesse. Ça passe par l'internalisation de la fabrication des repas qu'elle livre en entreprise, mais aussi par l'internalisation dès 2027 de la production agricole, analyse son directeur général délégué, Eric Camerlynck. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1821" class="elementor elementor-1821" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Il a rejoint l’aventure en 2017, quand Refectory s’appelait encore DejBox. Avant l’entrée au capital puis la sortie de Carrefour. Avant l’arrivée de Michel Razou aux côtés du cofondateur Vincent Dupied. Eric Camerlynck, directeur général délégué du spécialiste de la restauration d’entreprise livrée, est chargé de tous les sujets amont -les achats, la production, l’approvisionnement- en remontant la chaîne de valeur.</p><h3>Quel est selon vous l’enjeu actuel pour la filière RHD&#8239;?</h3><p>C’est de commencer à basculer du modèle purement extractif vers le modèle régénératif, en respectant davantage la ressource, avec un partage de la valeur plus juste, mieux réparti entre production, transformation, distribution… L’enjeu sous-jacent, c’est la RSE et la robustesse. Les entreprises qui s’en sortiront demain ne seront pas les plus rentables, mais celles qui auront un coup d’avance sur les changements climatique, sociétal et conjoncturel. Il faut être robuste pour faire face aux aléas climatiques, aux crises&#8239;: on en a eu 3 en six ans&#8239;!</p><h3>Et l’enjeu pour Refectory&#8239;?</h3><p>Pour nous comme pour notre secteur d&rsquo;activité,&#8239;c’est de définir une offre qui accompagne les nouvelles habitudes de travail. De faire de cette restauration d&rsquo;entreprise une composante de la qualité de vie au travail, un élément attractif pour les collaborateurs.</p><p>Notre enjeu plus spécifique consiste à rendre le bon accessible au plus grand nombre.</p><h3>Comment y répondez-vous&#8239;?</h3><p>Depuis l’origine, le bon concernait le goût. Maintenant que l’entreprise est rentable, nous voulons décliner le bon sur d’autres facettes, bon pour les sols, les agriculteurs, la santé, dans un contexte conjoncturel pas des plus adaptés.</p><h3>Quelle est votre offre&#8239;?</h3><p>Nous construisons une offre pour des publics très variés -de 20 à 62/63 ans-, soit 28 références actives, renouvelées à hauteur de 80&#8239;%, classées par familles (cuisine française, italienne, ethnique, saine…). Nous faisons beaucoup d’animations, au travers de co-brandings avec des chefs qui partagent nos valeurs, comme les 3 recettes développées avec Alexandre Miquel en mars. Ces opérations visent à fidéliser la clientèle, mais aussi à créer du trafic.</p><h3>Arrivez-vous toujours à proposer des niveaux de prix attractifs&#8239;?</h3><p>Nous avons toujours des produits d’appel, à 7,90€ prix client. Bien sûr, Il y a l’inflation, mais notre chance, c’est d’être une société en forte croissance&#8239;: la hausse des volumes nous permet d’amortir structurellement mais aussi en termes de coûts de matière les aléas rencontrés ces dernières années. Un de nos gros enjeux a consisté à internaliser la fabrication. Nous étions à l’origine une société de distribution de plats. En 2019, nous avons fait le pari de reprendre l’un de nos partenaires pour produire nos propres plats cuisinés, ce qui nous a permis de disposer d’un atelier en Belgique. Celui-ci va déménager et passer de 1500 à 5000 m2 pour devenir la manufacture du Nord 2.0, en phase avec nos valeurs et notre vision environnementale. Nous avons ensuite repris un deuxième atelier de production en novembre 2024, devenu la manufacture de l’Ouest, près de Nantes, qui produit les entrée, salades, desserts. C’est une cuisine artisanale, faite maison, mais massifiée. En parallèle, nous avons deux autres gros partenaires qui nous accompagnent dans le cadre de la croissance.</p><h3>Pourriez-vous acquérir de nouveaux ateliers&#8239;?</h3><p>Nous sommes attentifs à ce qu’il se passe sur le marché, puisque quand nous réintégrons de la fabrication, nous réintégrons de la marge. Mais nous ne sommes pas dans une vision capitalistique&#8239;: nous ne voulons pas générer de la marge pour générer de la marge, mais pour pérenniser et investir dans la qualité de nos approvisionnements. C’est une charge à court terme mais qui nous permet de parier sur un avenir plus serein. Nous avons notre destin entre nos mains. Avec Vincent qui nous donne le la, nous travaillons sur le temps long avec une vision à 2035. Le chemin sera sinueux, escarpé, mais excitant. Avec du sens. Ce qu’attendent beaucoup les collaborateurs.</p><h3>Vous voulez être bons sur les sols, la rémunération juste des agriculteurs, comment&#8239;?</h3><p>Nous voulons aller encore plus loin dans l’amont&#8239;; nous allons ouvrir notre première ferme, en 2027, soit 7 hectares de maraîchage bio au nord de Lille. Nous nous sommes associés avec Loïc Couttelle de la Ferme du Fort pour la créer. En effet, nous avons besoin d’un soutien technique, mais nous voulons faire nous-même. Nous allons ainsi maîtriser la production, la qualité des sols. Nous aurons notre propre responsable d’exploitation, nos maraîchers. On revient à des modèles d’antan. On voudrait avec Loïc créer un modèle de ferme duplicable. L’idée, si ça marche, c’est d’en faire une à Nantes puis ensuite de dupliquer ailleurs en France. En parallèle, nous portons de grosses réflexions sur la création de filières, avec deux labels, le bio et Bleu Blanc Coeur. Nous discutons ainsi avec les volaillers conventionnels dans les Hauts de France pour qu’ils opèrent une mutation vers la démarche BBC. Ou avec Sysco pour développer une filière poisson hors quota. L’idée, c’est de construire ensemble sur le long terme. C’est le meilleur moyen de se rendre compte de la problématique sectorielle. C’est un challenge extraordinaire, d’autant que nous voulons rester sur un repas à 10/11 € maximum le midi, c’est une exigence très forte des entreprises. L’équation n’est pas facile, mais passionnante.</p><h3>Qu’est-ce qui est le plus difficile&#8239;?</h3><p>La résistance au changement. Convaincre des gens qui sont dans le secteur depuis 50 ans qu’il y a d’autres chemins. Il faut beaucoup discuter, être empathique, comprendre comment fonctionnent les filières, les interdépendances etc. Pour remettre en question cette chaîne de la valeur.</p><h3>Vous parliez de filière, qu’en est-il du bœuf&#8239;?</h3><p>Nous abordons la filière bovine avec une priorité&#8239;: l&rsquo;impact carbone. Puisque l&rsquo;assiette pèse 65&#8239;% de notre bilan contre seulement 7&#8239;% pour le transport, nous habituons nos clients à consommer moins de protéines animales (objectif, 60&#8239;% de végétarien à terme). Ce choix nous permet de maintenir un sourcing de qualité sur le bœuf français et le poisson certifié MSC. Pour nous, la souveraineté alimentaire doit être européenne et cohérente&#8239;: mieux vaut importer un produit cultivé au soleil que servir un produit local issu de serres énergivores.&#8239;</p><h3>Quid du gaspillage&#8239;?</h3><p>Nous sommes sur un taux de gaspillage très faible, de 2 à 3&#8239;%, grâce à nos modèles prédictifs de commande. Par ailleurs, nos plats sont mis sous atmosphère contrôlée, ce qui permet d’avoir une DLC de 10 à 12 jours, donc des plannings d’approvisionnement qui permettent de réduire la casse. Derrière, nous avons la chance d’avoir des gros partenariats avec Too Good to Go, et des partenariats locaux avec les banques alimentaires. Mon rêve, qu’on puisse récupérer nos invendus pour faire de la méthanisation ou du compost que nous pourrions utiliser, pour boucler la boucle.</p><h3>Parlons justement du transport, de la logistique. Comment vous organisez-vous&#8239;?</h3><p>Plus nous faisons de volumes, plus nous amortissons nos tournées. Nous sommes partout en France, au travers de 23 sites logistiques, via 390 camions de livraison et des chauffeurs en CDI Refectory… Nos premiers vecteurs de communication. Derrière ça, nous mettons de la technologie, des algorithmes, pour optimiser les itinéraires de livraisons. Nous avons commencé à verdir notre flotte, avec une petite centaine en électrique (avec un système de froid passif). Par conséquent, l’impact de la guerre en Iran est moins fort.</p><h3>Vos engagements RSE se traduisent également sur vos sites&#8239;?</h3><p>Effectivement. Nous voulons les rendre les plus résilients possibles pour diminuer notre empreinte. Sur le site de manufacture du Nord que nous sommes en train de construire, ça se traduit par l’installation de panneaux solaires sur le toit, l’utilisation d’eau de pluie pour les toilettes, un système d’échangeur pour chauffer les bâtiments l’hiver etc. Et très important, une meilleure isolation. Ça coûte cher de faire du chaud et du froid, quand on en a fait, mieux vaut le garder le plus possible&#8239;: l’autoproduction d&rsquo;énergie rend le modèle plus robuste. Sur nos sites logistiques, nous faisons des audits énergétiques, pour produire du froid de façon responsable. Nous avons ouvert des unités des groupes froids pour refroidir les chambres froides dans le sud de la France, seulement on a pris des pics de chaleur de 45°, qui ont mis à mal les infrastructures. Nous menons une réflexion pour produire du froid de façon plus responsable, et être plus innovants pour protéger les éléments techniques, et nous prémunir des risques.</p><h3>L’emballage est l’un des impacts de la livraison. Comment traitez-vous le sujet&#8239;?</h3><p>Pour nos barquettes, nous avons opté pour de l’aluminium, car c’est un matériau recyclable à l’infini. Depuis trois ans, nous travaillons sur une barquette qui, avec ses résidus alimentaires, pourrait partir en home compost naturel&#8239;; elle devrait sortir au cours du premier semestre 2027… Nous sommes en phase de test, car il y a de grosses contraintes techniques. Nous préparons 250 000 plats cuisinés par semaine, il ne faut pas se tromper. Par ailleurs, nous sommes en phase test sur un sac réemployable pour la livraison, avec consigne ou récupération toute simple pour réduire l’emballage.</p><h3>Croyez-vous que vos valeurs, votre engagement à tous les niveaux, vous aide à recruter&#8239;?</h3><p>Je pense que c’est devenu un vrai vecteur de choix pour les jeunes générations. Elles ont besoin de donner du sens à ce qu’elles vont faire. Nous posons deux questions à l’embauche, êtes-vous gourmand&#8239;? De quelle manière êtes-vous touchés de près ou de loin par les enjeux environnementaux… L’idée n’est pas d’engager des écologistes militants mais des gens qui se projettent dans une mission collective envers la société.</p><h3>Où en est Refectory à date&#8239;?</h3><p>Nous avons clôturé l’exercice 2024 à 70 M€. Nous livrons chaque jour 35000 repas dans 11000 entreprises clientes… Le tout avec 690 collaborateurs. Cette année, nous allons réinvestir 10 à 12 M€ pour rendre le modèle plus robuste.</p><p><em>Propos recueillis le 10 avril 2026</em></p>								</div>
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		<title>«&#8239;Le levier économique permettra de changer les mentalités&#8239;»</title>
		<link>https://rezooh.net/vesto-reconditionnement-materiel-restauration-bastien-rambaud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 06:09:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
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					<description><![CDATA[Modèle agricole malade, pression des prix, difficulté d’application de la loi Agec… des vents contraires soufflent sur la restauration. Bastien Rambaud, cofondateur de Vesto, le spécialiste du reconditionnement de matériel de restauration professionnel, livre une vision malgré tout optimiste de l’avenir de la filière.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="1404" class="elementor elementor-1404" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Vesto, l’entreprise que Bastien Rambaud (HEC-Ferrandi) a fondé avec Wilfrid Dumas et Anne-Laurene Harmel avance avec un pied dans l’écologique, l’autre dans l’économique, puisqu’elle reconditionne du matériel professionnel proposé moitié moins cher que du neuf. Et ça marche&#8239;! Cinq ans après l’ouverture d’un premier atelier de reconditionnement, trois après une levée de 3 M€ et l’inauguration de son usine, à Compans dans le 77, elle lève en 2026 6,4 M€… Pour poursuivre son déploiement et diversifier les matériels reconditionnés, notamment issus de la distribution automatique de café.</p><h3><strong>Quels défis la filière de la restauration doit-elle affronter aujourd’hui&#8239;?</strong></h3><p>Chaque maillon de la filière a ses grands enjeux, mais je dirais que le principal est la dichotomie entre des chaînes d&rsquo;approvisionnement de moins en moins locales&#8239;et des consommateurs de plus en plus exigeants en termes de santé, de locavorisme, d’empreinte carbone.&#8239;La filière est prise en étau entre un approvisionnement français qui se raréfie et une pression qualité pour laquelle on n&rsquo;est pas prêt à payer.&#8239;Et je le ressens dans tous les sous-secteurs, la boisson, l&rsquo;alimentaire, le matériel.&#8239;Il n&rsquo;y a plus de budget, mais il faut faire mieux.</p><h3><strong>Les consommateurs ne sont-ils pas paradoxaux ?&#8239;Ils veulent bien </strong><strong>manger</strong><strong> à moindre frais&#8239;?</strong></h3><p>Il faut évidemment prendre en considération le fait qu&rsquo;il y a de l&rsquo;inflation et que les budgets des Français sont restreints.&#8239;Mais ils sont encouragés par des publicités qui affirment «&#8239;Plus besoin de payer pour&#8239;la qualité, le français…&#8239;». C&rsquo;est au détriment de la santé des agriculteurs, des consommateurs, et, in fine, de la qualité.</p><h3><strong>Quels seraient les leviers pour sortir de ce cercle vicieux&#8239;? </strong></h3><p>Moi, ce qui me remplit de joie, c&rsquo;est le retour du bon sens.&#8239;On se reconnecte aux choses plus concrètes.&#8239;C’est mon engagement, partagé par de nombreuses personnes à différents endroits de la chaîne de valeur&#8239;: les filières locales agricoles, les acteurs du zéro déchet, du made in France…</p><h3><strong>Mais les gens de bonne volonté sur le terrain sont-ils soutenus par le public, les investisseurs&#8239;?</strong></h3><p>Nous sommes en train de déconstruire un modèle ultra-malsain qui a été construit avant nous, donc on se bat contre des forces contraires.&#8239;Le mouvement de l&rsquo;ultra-tech assure que&#8239;ce n&rsquo;est pas très grave d&rsquo;avoir flingué la planète, puisqu’on va en trouver une autre, que ce n’est pas très grave que les agriculteurs soient tous morts, puisqu’on va faire des fermes verticales. Le techno-solutionnisme lutte contre le bon sens et il a des moyens qu&rsquo;on n&rsquo;a pas.</p><h3><strong>Sans parler des reculs de l’Union européenne sur le Pacte Vert…</strong></h3><p>Il y a une forte décorrelation entre ces grands mouvements et ce qu&rsquo;on vit sur le terrain.&#8239;Mais, je vois des engagements politiques de plus en plus forts de gens qui ont envie de porter leur voix. La transition se doit d&rsquo;être écologique&#8239;mais elle ne peut pas ne pas être sociale. Nous ne voulons pas de bio produit dans le sud de l&rsquo;Italie&#8239;par des travailleurs en situation d’esclavage. Nous prônons plutôt une petite agriculture, mais sans usage du round-up. L&rsquo;enjeu d&rsquo;ouvrir plus d&rsquo;espaces de dialogue,&#8239;et d&rsquo;accepter le fait que les réponses sont moins simples&#8239;qu&rsquo;elles pouvaient l’être par le passé.</p><p><strong>&#8239;</strong></p><h3><strong>Si on se recentre sur votre cœur de métier, quels sont les enjeux dans le secteur de l’équipement&#8239;? </strong></h3><p>L&rsquo;énorme défi est de préserver la particularité de cette filière,&#8239;des usines en France et plus globalement en Europe. On y produit des matériels extrêmement qualitatifs faits pour durer.&#8239;Prenez le Robot-Coupe. Certains restaurateurs en achètent un en s’installant, l’utilisent toute leur carrière, puis le transmettent à leur repreneur. C’est une particularité de notre secteur et il faut la préserver à tout prix.</p><p><strong>&#8239;</strong></p><h3><strong>Comment y contribuez-vous, à votre échelle&#8239;? </strong></h3><p>Chez Vesto, nous faisons du réemploi. Nous donnons une seconde vie à des machines qui peuvent techniquement durer à travers le temps&#8239;mais qui&#8239;n&rsquo;ont plus d&rsquo;usage dans la cuisine où elles se trouvent. Nous les collectons et les reconditionnons dans notre usine de Compans, dans le nord de l&rsquo;île de France. Nous intervenons sur toute la chaîne de valeur de la restauration. En 2020, quand nous avons créé Vesto, les professionnels nous disaient que l’idée était bonne mais que nous n’aurions jamais accès aux pièces détachées. Et que Le bon coin suffisait aux restaurateurs pour transmettre du matériel. Aujourd’hui, nous produisons chaque mois 10 à 15 tonnes de matériel. Et nous venons de lever 6,4 M€ pour déployer de nouvelles verticales&#8239;: distributeurs automatiques, froid commercial, mais aussi médical et BTP.</p><h3><strong>Comment avez-vous convaincu&#8239;?</strong></h3><p>On ne peut pas faire reposer le changement de modèle&#8239;uniquement sur la conviction écologique.&#8239;C&rsquo;est aussi le levier économique qui permettra de changer les mentalités. Nous nous sommes attachés à délivrer des machines avec un bon rapport qualité, c’est-à-dire aussi bonnes que les neuves à moitié-prix. Notre obsession a été de nous dire que nous ne devions pas être les plus rentables ou les plus gros, nous devions être les plus justes pour que les usagers s’y retrouvent. Tous nos 55 salariés sont en CDI avec un salaire d’au moins 1800 euros nets.</p><h3><strong>Quel est aujourd’hui votre principal challenge&#8239;?</strong></h3><p>Un de nos grands combats est d&rsquo;essayer de faire appliquer une loi AGEC, qui dans l&rsquo;article 58, demande aux collectivités d&rsquo;acheter des biens issus du réemploi. Notre challenge est de réussir ce pari de la transition&#8239;vers la commande publique, que ce soit&#8239;en scolaire, en pénitentiaire, et c&rsquo;est un chemin&#8239;passionnant à mener.</p><h3><strong>Quels sont les obstacles au déploiement de cette loi&#8239;? </strong></h3><p>Ce que je trouve très dur&#8239;c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une loi,&#8239;mais pas de moyens mis en face&#8239;pour les agents territoriaux,&#8239;notamment en termes de formation. Et il n’est pas prévu de sanctions en cas de non-application.&#8239;Quel est le sens d&rsquo;avoir fait une loi&#8239;s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sanctions&#8239;? Les leaders des collectivités, les maires,&#8239;ceux qu&rsquo;on voit dans les médias, se désengagent. En revanche, les agents territoriaux ont envie de l’appliquer.&#8239; Le chemin reste long. Prenez la loi Egalim, on n&rsquo;a toujours pas réussi&#8239;à trouver la bonne équation.</p><p>Mais nous progressons à toute allure&#8239;et rien que cette année,&#8239;nous venons de signer un contrat avec l’économat des armés. Le fruit de plusieurs années de travail&#8239;! Ce marché sur 6 ans va nous permettre de nous développer sur le temps long. A voir maintenant à quelle vitesse les autres acheteurs publics suivront. Les directions des services techniques, les chefs d’établissement ne sont pas forcément écologistes. Ils s’équipent en reconditionné car le matériel fonctionne bien et le budget reste raisonnable. A mon sens, mieux vaut ne pas être dans l’engagement politique et acheter un four quand c’est nécessaire, et non pas s’équiper pour équiper. Ce serait contraire à tout ce que nous défendons chez Vesto.<br /><strong>Propos recueillis par Ophélie Colas des Francs, mars 2026</strong></p>								</div>
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		<title>Maslow&#8239;: «&#8239;Montrer qu’un autre modèle de restauration est possible&#8239;»</title>
		<link>https://rezooh.net/julia-chican-nouveau-modele-restauration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sabine Durand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 15:12:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les paroles du Rézooh]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEW]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://xn--rzooh-bsa.com/?p=472</guid>

					<description><![CDATA[C’est vrai que le modèle des deux très jeunes enseignes de Julia Chican, Maslow et Fellows, est différent. Entre engagement, gestion au cordeau et changement de paradigmes, ils bousculent les codes avec leur cuisine végétarienne ultra créative. Et ça marche&#8239;!]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="472" class="elementor elementor-472" data-elementor-post-type="post">
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									<p class="p1">Cuisiner c’est son hobby, recevoir, sa passion. Celle qui, toute petite déjà, voulait être cuisinière, travaille depuis 20 ans dans la restauration&#8239;: 8 ans au développement de l’offre chez Flam’s, 6 chez FoodChéri qu’elle cocrée puis vend à Sodexo, et désormais chez Maslow. Ce jeune groupe bâti sur une offre végétarienne qui ne dit pas son nom mais affirme son originalité et sa gourmandise, elle l’a cofondé avec 2 pros rencontrés chez FoodChéri, Mehdi Favri<i>, «&#8239;qui sait tout faire, le bar, la food, le service&#8239;»,</i> Marine Ricklin, à la <i>«&#8239;vraie fibre archi&#8239;»</i> qui pilote tous les chantiers, tous les lieux. Elle, elle gère <i>«&#8239;les sous, comment les trouver, les dépenser, les gérer, mais aussi le juridique etc&#8239;»&#8230;</i></p><p class="p1"><i> </i><br />Son groupe, ce sont à date quatre restaurants low impact, deux brasseries Maslow, dans le 1er et 3e arrondissement de Paris <i>«&#8239;dans lesquelles 80&#8239;% des clients ne sont pas végétariens&#8239;», </i>et deux Fellows, restaurants de pâtes cuisinées sans viande ni poisson, dans les 10<span class="s1"><sup>ème</sup></span> et 6ème arrondissements de la capitale.</p><h3>Quel est pour vous l’enjeu de la restauration en général en 2026&#8239;?</h3><p class="p1">C’est la gestion. Depuis 2005, date à laquelle j’ai commencé dans le secteur, la restauration a perdu 10 points de marge. Là où l’imprécision dans la gestion des fiches techniques, des ventes, des stocks, des plannings RH n’avait pas vraiment de conséquence, aujourd’hui elle est fatale. C’est pour cette raison qu’autant d’établissements ferment. Pour gérer un restaurant désormais, il faut multiplier les casquettes, la cuisine, la gestion, les RH, la technologie…</p><h3 class="p1">Et l’enjeu pour Maslow&#8239;?</h3><p class="p1">L’enjeu principal c’est de durer, ça signifie ne pas commettre d’erreur d’exécution, de gestion, de financement, mais aussi quelque chose de plus immatériel qui tient au concept&#8239;: est-ce qu’il résiste dans le temps ou est ce qu’il se démode&#8239;? C’est là l’un des intérêts d’un groupe multi-enseignes&#8239;: ses concepts ne se démodent pas au même moment. Il faut rester agile et ne jamais être totalement satisfait.</p><h3 class="p1">Etes-vous malgré tout satisfaite de Maslow&#8239;?</h3><p class="p1">Réinventer quelque chose autour du végétarien, c’est un beau challenge… Et qui fonctionne mieux que ce qu’on espérait. Nos restaurants sont à impact (le bilan carbone est divisé par 3 ou 4 par rapport à un restaurant classique), dans l’air du temps et hyper-rentables, et ça dès le mois 2 de l’ouverture. Maslow 1, 120 couverts, 200 avec la terrasse, c’est 5,2 M€ de chiffre d’affaires en 2025, avec un foodcost de 20&#8239;%, un staff cost de 38&#8239;% (52 salariés, 130 au global des 3 restaurants) pour un Ebitda à 23&#8239;%. Fellows, c’est 2 M€ de chiffre d’affaires, 20&#8239;% de foodcost, 45&#8239;% de staffcost -on a encore du travail là-dessus- et 13&#8239;% d’Ebitda. C’est bien mais pas suffisant pour nous qui voulons être au-dessus de 20&#8239;%. Ouvert en avril 2025, Maslow 2 est rentable lui aussi.&#8239;(Fellows 2 vient d’ouvrir, le 6 mars 2026, ndlr). Nous montrons qu’un autre modèle de restauration est possible.</p><h3 class="p1">Comment réussissez-vous à maintenir un foodcost aussi bas&#8239;?</h3><p class="p1">Parce que nous arrivons à vendre pour un ticket moyen de 30 € une offre sans viande ni poisson. Parce que nous ne faisons que du produit brut. Parce que, à l’exception de Biocoop pour l’épicerie, nous travaillons en direct. Parce que nous suivons rigoureusement les fiches techniques -nous pesons le sel de toutes nos recettes- et que nous sommes antigaspi, circulaire. Quand Medhi prépare une recette, il regarde ce qu’il reste en épluchures, graines etc. et le transforme et le valorise&#8239;: réduites en poudre, les queues de champignons deviennent un condiment, le vert de poireau de l’huile verte et le pain de la chapelure&#8239;; infusé une deuxième fois, le bissap est utilisé en verre d’accueil, ou, séché, en poudre façon sumac. Le premier été, un cocktail sans alcool à 8 € a cartonné&#8239;: son coût matière était d’environ2 cts pour le sucre, le reste, c’était des parures de melon, des graines fermentées, des queues de fraise macérées. Mais ça, ça marche seulement si tu fais tout et que tes recettes sont créatives. Ça permet aussi de ne pas subir les variations de prix&#8239;: quand la noisette prend 40&#8239;%, on remplace notre rocher à la noisette par un rocher à la cacahuète. Comme le client ne vient pas chez nous pour retrouver la même carte mais une offre inventive, il n’y a pas de sujet. Ça me donne de l’agilité mais ça va de pair avec le fait que j’ai du staff et qu’il produit… même les barmen, qui font les softs, la citronnade, le thé glacé, le bissap, les infusions sans sucre, leur mélange d’épices pour les latte… C’est vertueux, ça rend les jobs plus intéressants, ça permet de ne pas subir les coupures et de faire des horaires plus sympas alors que nous avons fait le choix d’ouvrir 7/7, midi et soir en continu.</p><h3 class="p1">Arrivez-vous également à servir l’après-midi&#8239;?</h3><p class="p1">Ici (à Maslow 1, où se déroule l’interview), nous faisons facilement 100 couverts entre 14h30 et 18h30, mais ça signifie aussi la présence sur cette tranche de 2 serveurs… Tout a été pensé à l’avenant, c’est un modèle rentable, ce qui ne veut pas dire confortable. Il faut accepter d’avoir davantage de fournisseurs, de complexité dans les commandes, d’aléas dans les approvisionnements. C’est intéressant mais il faut avoir la niaque.<span class="Apple-converted-space">&#8239;</span></p><h3 class="p1">Qu&rsquo;en est-il des boissons&#8239;?</h3><p class="p1">Le bar à cocktails pimpe et upgrade l’image. Les cocktails, nous les faisons nous-mêmes, avec une vraie part du sans alcool. Nous avons nos propres tireuses à bière, nous n’achetons pas d’eau en bouteille mais proposons gratuitement l’eau filtrée, je n’ai de RFA de personne. Autre changement de paradigme, nous ne faisons pas notre marge sur la boisson&#8239;: la vente c’est seulement la troisième priorité des serveurs. La première, c’est l’expérience client. Comme nous investissons sur le staff, les serveurs ont du temps pour s’occuper des clients.<br />Leur deuxième priorité, c’est de faire tourner les tables&#8239;: c’est nécessaire puisque nous fonctionnons sur le volume, mais c’est difficile, ça demande de la formation, parce qu’il faut le faire sans dégrader notre image&#8239;: nous avons une note de 4,9 sur Google, et avons été déclarés meilleur restaurant de France, tous segments confondus, par Sundays Stars.</p><h3 class="p1">Vous parliez de la casquette tech, ça se traduit comment&#8239;?</h3><p class="p1">Nous avons un logiciel pour à peu près tout&#8239;: il faut que tout soit mappé, tracké, je suis une vraie tour de contrôle&#8239;! Nous venons de rentrer de l’IA, pour une gestion plus carrée encore et pour traiter les données là où les logiciels ne se parlent pas entre eux, par exemple entre nos mercuriales et nos factures…</p><h3 class="p1">Quid de Fellows&#8239;?</h3><p class="p1">C’est un format complémentaire. C’est un établissement plus petit -180 m2, 70 places assises-, avec un ticket moyen de 20 €. Il est plus facile à financer, les locaux plus faciles à trouver. A terme, j’aurais d’autres enseignes&#8239;: pour moi, le bon modèle, c’est le groupe Bertrand, multi-enseignes, multiformats. J’adorerais avoir un grand restaurant solo pas duplicable comme La Coupole, ou une rue avec tous nos restaurants&#8230;</p><h3 class="p1">En attendant, parlons de votre développement…</h3><p class="p1">Nous venons d&rsquo;ouvrir le 2e Fellows au Marché Saint-Germain, sur 250 m2, avec la même carte que le premier, mais un autre décor, et nous sommes en négociation pour un troisième Maslow pour la fin 2026, plus grand. Ce développement ne se fera pas en franchise. Il sera plus lent mais en propre.</p><h3 class="p1">Vous n’avez pas de difficulté de financement&#8239;?</h3><p class="p1">Pas trop, puisqu’il s’agit pour les investisseurs de financer un modèle à impact et rentable. Le projet complet (architecture, avocat, dépôts de garantie) du premier Maslow, c’était 2,4 M€, pour le prochain, nous serons plus proches de 3,6 M€. Cet investissement, il faut le rembourser sur 4 à 5 ans grâce à l’Ebitda.</p><h3 class="p1">C’est quoi le réseau Maslow dans les 3 à 5 ans qui viennent&#8239;?</h3><p class="p1">Nous aurons mappé Paris avec 5 Maslow, nous pourrons nous tourner vers la province ou l’étranger. Sur Fellows, c’est plus difficile à dire car nous ouvrons tout juste notre deuxième restaurant, mais c’est un concept qui pourrait être plus visible, en périphérie, voire dans les centres commerciaux. Et nous aurons une troisième enseigne, car si nous faisons la preuve qu’un concept vertueux peut-être rentable, nous touchons principalement des urbains trentenaires, donc une petite partie de la population seulement. Cette troisième enseigne devrait fonctionner sur le midi/bureau…</p><h3 class="p1">Et vous à terme&#8239;?</h3><p class="p1">Je serai dans une ferme, en train de faire pousser des choses, regarder le changement climatique et espérer que Maslow laisse une trace dans cet univers de la restauration que j’adore….</p><p><em>Propos recueillis fin janvier 2026</em></p>								</div>
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